Payer 2 226 euros par an pour AutoCAD quand vous ne dessinez qu’en 2D, c’est un peu comme acheter un tracteur pour tondre votre pelouse. Vous le savez, nous le savons. Alors pourquoi tant de professionnels continuent à payer cette facture sans broncher ? Parce que la peur de la rupture, celle de perdre la compatibilité avec les clients, les partenaires, les habitudes, paralyse. Cadidesk Médium se présente comme une solution française conçue pour les artisans, architectes et bureaux d’études qui veulent tracer, coter, imprimer. Rien de plus, rien de moins. Mais peut-il vraiment remplacer le mastodonte d’Autodesk sans vous mettre dans l’embarras au premier échange de fichiers ? Voilà la vraie question.
Un logiciel taillé pour les professionnels du bâtiment
Cadidesk Médium n’essaie pas de révolutionner votre manière de travailler. Il pose sur la table ce qu’il sait faire : du dessin 2D en format DWG natif. Développé par IntelliFrance, ce logiciel s’adresse spécifiquement aux métiers du bâtiment qui n’ont aucun besoin des fonctionnalités 3D, du cloud collaboratif ou des rendus photoréalistes. Vous voulez tracer un plan, placer des cotes, ajuster quelques détails avant impression ? Cadidesk vous donne les outils pour ça, dans une interface qui ne vous noie pas sous cinquante menus inutiles.
Ce qui compte vraiment ici, c’est la compatibilité avec l’écosystème AutoCAD. Travailler en DWG natif signifie que vos fichiers s’ouvrent sans conversion bancale chez vos clients, vos sous-traitants, vos maîtres d’ouvrage. Vous n’avez pas à expliquer pourquoi tel bloc a disparu ou pourquoi les unités ne correspondent plus. Le fichier s’ouvre, point. C’est du pragmatisme pur, pas une révolution technologique. Pour un artisan ou un petit bureau d’études qui gère quelques projets par mois, cette simplicité vaut son pesant d’or.
Le format DWG natif, passeport pour la compatibilité
Dans le monde de la CAO, le format fait la loi. Vous pouvez avoir le logiciel le plus rapide, le plus joli, si vous ne pouvez pas échanger vos plans avec le reste de la filière, vous êtes mort. Le format DWG s’est imposé comme la lingua franca du dessin technique. Créé par Autodesk, il stocke la géométrie 2D et 3D, les blocs, les calques, les unités de mesure. Tout ce qui fait qu’un plan reste un plan quand il change de mains.
Face à lui, le format DXF joue la carte de l’ouverture. Basé sur ASCII, il se lit plus facilement par des logiciels tiers, mais au prix de certaines limitations. Les blocs peuvent se perdre en route, les unités de mesure ne sont pas toujours spécifiées clairement. Résultat : un fichier DXF peut s’ouvrir partout, mais pas toujours comme prévu. Le DWG, lui, garde l’intégrité des données, à condition de rester dans des versions compatibles. Pour Cadidesk, travailler en DWG natif, c’est la garantie de ne pas être mis au ban de la profession.
| Format | Type de fichier | Compatibilité | Précision des données | Utilisation recommandée |
|---|---|---|---|---|
| DWG | Binaire | Écosystème Autodesk principalement | Préserve blocs, unités, géométrie 3D | Échanges professionnels exigeants |
| DXF | ASCII | Large support multi-logiciels | Limitations sur blocs et unités | Interopérabilité entre systèmes hétérogènes |
Nous le répétons : la compatibilité fait ou défait un logiciel CAO, pas les gadgets marketing. Si Cadidesk ouvre et enregistre en DWG sans perte d’information, il a déjà gagné la moitié de la bataille.
La boîte à outils 2D : ce qui compte vraiment
Cadidesk Médium ne cherche pas à épater avec des dizaines de modules. Il mise sur l’essentiel : accrochage des objets, repérage polaire, formes géométriques, copie, miroir, raccord. Ces commandes couvrent 90% des besoins d’un professionnel qui trace des plans de maisons, des schémas d’implantation ou des relevés de chantier. Vous dessinez un mur, vous le dupliquez, vous ajustez les angles, vous cotez. Pas besoin d’un doctorat en informatique.
AutoCAD, dans sa version complète, propose des centaines de fonctions. Combien en utilisez-vous vraiment ? La plupart des utilisateurs naviguent entre une dizaine de commandes récurrentes et ignorent le reste. Cadidesk assume ce choix minimaliste. Moins d’options, c’est aussi moins de temps perdu à chercher une fonction perdue dans un sous-menu obscur. Pour les artisans et petites structures, cette sobriété représente un gain de productivité réel. Vous ouvrez le logiciel, vous travaillez, vous fermez. Sans fioriture.
AutoCAD face à ses alternatives : où se place Cadidesk
Le marché de la CAO 2D ne se résume pas à AutoCAD contre le vide. Plusieurs solutions tentent de grappiller des parts de marché, chacune avec son positionnement. Voici où se situent les principales alternatives en 2025 :
- LibreCAD : gratuit, open source, parfait pour débuter ou pour des besoins ponctuels, mais sans support professionnel ni évolutions majeures récentes.
- BricsCAD : concurrent direct d’AutoCAD avec des outils avancés, support BIM, et un prix autour de 600 à 1 000 euros selon les versions. Pour ceux qui veulent du haut de gamme sans payer Autodesk.
- DraftSight : environ 330 euros par an, interface proche d’AutoCAD, avec des fonctionnalités 2D et 3D. Bon compromis pour les PME.
- DesignCAD : solution plus confidentielle, orientée dessin technique 2D/3D, prix variables selon versions.
- Cadidesk Médium : positionnement intermédiaire, pensé pour les professionnels français du bâtiment, sans prix public clairement affiché mais historiquement accessible.
Cadidesk ne joue ni la carte du gratuit ni celle du logiciel tout-en-un. Il vise les professionnels qui savent ce qu’ils veulent, qui n’ont pas besoin d’un support technique 24/7 en cinq langues, mais qui exigent la compatibilité DWG et une prise en main rapide. BricsCAD ira plus loin si vous avez des besoins évolutifs, LibreCAD dépannera si vous avez un budget nul. Cadidesk se place entre les deux, avec un ADN français et une promesse simple : faire du 2D sans se prendre la tête.
Le prix, nerf de la guerre face à AutoCAD
Parlons chiffres. AutoCAD, dans sa version complète, vous coûte 2 226 euros par an en abonnement annuel, ou 276 euros par mois si vous préférez payer au fil de l’eau. AutoCAD LT, la version allégée limitée au 2D, descend à environ 430 euros par an. Ces tarifs officiels Autodesk ne laissent pas de place à la négociation, sauf contrats entreprise ou licences éducatives. Pour un artisan qui facture quelques dizaines de milliers d’euros par an, c’est une ligne budgétaire qui pèse.
Cadidesk, de son côté, reste discret sur ses tarifs publics. Les informations disponibles mentionnent une version de démonstration gratuite, suivie d’une licence payante dont le montant n’apparaît pas en ligne. Historiquement, le logiciel se positionnait comme une alternative abordable, dans une fourchette bien en dessous d’AutoCAD. Si l’on extrapole, économiser entre 1 500 et 2 000 euros par an change la donne pour une petite structure. Cet argent peut financer une formation, un matériel, ou simplement rester dans la trésorerie. Nous ne faisons pas de morale, juste un calcul de retour sur investissement.
Les limites à connaître avant de sauter le pas
Soyons honnêtes. Cadidesk Médium n’a pas bougé depuis sa dernière mise à jour en octobre 2010. Quinze ans sans évolution majeure, c’est long dans un secteur où AutoCAD sort une nouvelle version chaque année avec son lot d’améliorations : vitesse de calcul, intégration cloud, outils d’IA pour automatiser certaines tâches. Les avis utilisateurs d’AutoCAD soulignent sa complexité, mais aussi sa complétude et son support technique réactif. Vous payez cher, mais vous avez une machine de guerre qui suit les évolutions technologiques.
Pour Cadidesk, le manque d’informations récentes et d’avis utilisateurs pose question. Le logiciel fonctionne-t-il toujours correctement sur Windows 11 ? Le support technique existe-t-il encore ? IntelliFrance, l’éditeur, reste discret. Si le logiciel fait ce qu’on lui demande, tracer des plans 2D en DWG sans bug, alors pourquoi pas. Mais vous devez accepter de travailler avec un outil figé dans le temps, sans garantie d’évolution future. C’est un pari, pas une certitude.
Choisir Cadidesk plutôt qu’AutoCAD, ce n’est pas renoncer à la qualité, c’est refuser de payer pour des fonctions qu’on n’utilisera jamais. Et ça, c’est déjà une forme d’intelligence professionnelle.



